Les Bouquinistes

Site pour amateurs connoisseurs et collectionneurs de tout poil et de bandes dessinées
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  Carte des membresCarte des membres  

Partagez | 
 

 Le chat du Rabbin de Sfar

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Smirnof
Administrateurs
avatar

Nombre de messages : 2443
Age : 46
Localisation : dans le 41
Date d'inscription : 08/06/2007

MessageSujet: Le chat du Rabbin de Sfar   Lun 20 Aoû - 18:11

J'adore cette série de Sfar : Le chat du Rabbin

voici quelques informations sur cette série vous donnant une idée de cette oeuvre majeur.



Synopsis :
Au début du XXe siècle, le chat d'un rabbin d'Alger raconte sa vie et ses dialogues avec son maître. En effet, ce chat parle depuis qu'il a dévoré le perroquet mais il ne dit que des mensonges ou des vérités blessantes.
Les menaces d'isolement pesant sur le matou vont le pousser a vouloir tout faire pour devenir aux yeux de son maître digne de fréquenter sa fille, donc devenir un juif à part entière....

Histoire :
D'incessants débats et situations de joutes verbales émaillent l'intrigue, le chat n'étant pas félin à se laisser marcher sur les pattes; ces débats sont autant d'occasion d'aborder différents thèmes bibliques ou pas. Malgré le sérieux des propos, tout les termes employés restent très accessibles voire même didactiques et souvent illustrés à la perfection et humour.

Les relations entre les différents protagonistes sont dominées celles se tissant entre le chat et ses maîtres. Entre le chat et la fille du Rabin règne une certaine complicité qui peut être considéré comme classique, la fille se confie à son chat et celui ci l'écoute et parfois lui parle. Le chat est plutôt jaloux de sa maîtresse comme cela apparaîtra à la fin du second tome.

Etude:
Le duo formé par le chat et le rabbin est remarquable. Le premier est incisif, rationnel, menant des argumentations carrées et souvent extrêmes. Le second au contraire est doux, cherche à promouvoir l’amour et l’harmonie. Il professe les vérités simples de la vie quand le chat affirme son libre-arbitre et son mauvais caractère.

La relation entre ces deux personnages, que bien des choses séparent, mais qu’une sincère amitié unit, fait tout le sel de l’histoire. Au premier abord, on pourrait penser que le chat est parole de vérité, venu bousculer l’hypocrisie des hommes. Mais le chat du rabbin est bien plus que cela. C’est l’addition de ces deux visions du monde différentes, qui tout à la fois s’opposent et se rejoignent. Ce qui construit peu à peu un chemin, non pas vers la vérité, mais vers plus de compréhension. C’est ce dialogue qui conduit le rabbin à accepter que le chat reste près de sa fille même si c’est un chat qui parle. C’est aussi cette longue discussion qui fait que le chat accepte de se taire face aux autres personnes que le rabbin.
Une fable philosophique

Il s’agit bien d’un monde de symboles et d’enseignements. Les vertus de la contradiction et de la critique sont maintes fois répétées, mais elles sont surtout superbement illustrées par la relation entre le rabbin et son chat.

Le choix du chat comme interlocuteur situe aussitôt l’histoire dans le domaine de la fable. Et pourtant, il s’agit juste d’un élément fantastique isolé, qui focalise autour de lui l’attention, permettant de donner à l’histoire une saveur qu’une simple confrontation entre les hommes n’aurait pas. En effet, le chat est novice dans le domaine de la parole, il en explore les possibilités, en examine les aspects négatifs autant que positifs. Sfar utilise une recette bien connue, celle qui consiste à donner à l’élément animal la parole à la place de l’humain. Mais où il ne fait pas qu’emprunter les voies d’un Jean de la Fontaine ou d’autres fabulistes, c’est en conférant à ce don de la parole au chat une nature extraordinaire. Du coup, à mi chemin entre les personnages des contes philosophies voltairiens et les figures de La Fontaine, le chat du rabbin est dans ce premier volume tout à la fois ingénu et moraliste.

Mais ce n’est pas tout, ce chat qui parle est le symbole de l’étranger par excellence. Pour le rabbin, un animal qui parle est un élément qui déroge à son univers : c’est l’incompréhensible. D’ailleurs la réaction du maître du rabbin est éloquente à cet égard : il déclare qu’il faut noyer ce chat qui parle. Le rabbin lui aussi est décontenancé, et perçoit d’abord ce chat loquace comme un danger, puisqu’il l’éloigne de sa fille. Puis, peu à peu, au travers du dialogue, l’homme et le chat parviennent à accepter leurs différences, et apprennent à vivre ensemble à nouveau.

D’ailleurs, la dernière partie est aussi riche d’enseignements. Observant un disciple intransigeant, le chat le trouve détestable, et devient jaloux de ce jeune homme qui lorgne sur la fille du rabbin. Mais, lorsqu’il découvre que cet homme se rend au bordel pour les arabes afin d’éviter le regard de ses coreligionaires, il se met à l’aimer. L’être humain se révèle au travers de ses défauts et de ses imperfections, comme si, justement, elles étaient ses charmes principaux. On peut se demander à quel point la relation entre le disciple et le chat n’illustrerait pas la relation entre les hommes et Dieu.

Le dessin
Les personnages ont des contours souvent ronds et souples, ou alors sont décharnés. La fille du rabbin a le charme des odalisques, tandis que le chat est aussi incisif que son esprit.

Le dessin n’est paradoxalement pas le point principal de cette bande-dessinée. Il sert parfaitement un texte de grande qualité, rédigé d’une écriture exagérément enfantine, contribuant au charme et à la fraîcheur de l’oeuvre.


Conclusion
"Le chat du Rabin" est une oeuvre attachante et intelligente, elle prône une certaine tolérance et présentant les choses telles qu'elle sont, ce ne sont pas les croyances qui y sont critiquées mais ce qu'en font les hommes. a travers une galeries de personnages haut en couleur ces deux volumes dépayseront beaucoup le profane et raviront sûrement les connaisseurs.
C’est donc un ouvrage plein de charme, qui allie les atours du bon divertissement, à la richesse de l’enseignement. Il donne à penser, sans pour autant fatiguer ; demeure toujours léger, mais sans jamais sombrer dans la facilité.

Derrière le décor
Sa compagne trouvait que la chose qu'il dessinait le mieux, c'était encore son chat. Alors Joann Sfar a décidé de faire d'Imhotep, créature malingre et volubile au poil d'ardoise, un félin talmudique. Le chat du rabbin aurait dû gratter ses puces quelque part du côté des bouleaux embrumés du shtetl. Finalement, son maître se ravisa, convoqua l'autre branche de ses racines, pour expédier finalement le greffier en terre séfarade.




Auteur boulimique et luxuriant, Sfar n'aligne pas les albums, il construit une œuvre. A force de se réinventer, il multiplie les livres et les séries, sans se résoudre à abandonner l'un ou l'autre de ses personnages. Tous se répondent d'un livre à l'autre, créant un univers fantaisiste et cohérent, entre Europe de l'Est et Maghreb.
A ce Chat répondra en octobre un Klezmer, premier volume de la collection de bandes dessinées que Sfar lance chez Gallimard, «Bayou». Un roman graphique gai et léger, tout en aquarelles aériennes, sur une troupe de musiciens vagabonds, manouches et juifs mêlés en une bande de pieds nickelés. Ce qui s'appelle avoir la grâce.

A la rentrée, Le Chat du rabbin, la BD best-seller de Joann Sfar éditée par Dargaud, sera traduit en hébreux et en arabe. Une sorte de version originale selon les fans.

Sortie au cinéma
Cette déclinaison contribuera à la renommé mondiale de l’œuvre, avant sa sortie au cinéma vers 2009/2010. Joann Sfar sera coproducteur (avec le dessinateur Clément Oubrerie et Antoine Delesvaux) et réalisateur de cette adaptation annoncée au dernier festival de Cannes. Le succès en salles de Persépolis doit le conforter dans ses choix.

Au théâtre
Le Chat du rabbin a été adapté au théâtre par Camille Nahum sous le titre La Bar-mitsva du Chat du rabbin, créé au théâtre Michel Galabru (18 septembre - 20 décembre 2004) et repris au théâtre du temple en (22 mars - 28 avril 2005). La mise en scène était de Élise McLeod et de Sei Shiomi, les acteurs étaient Rémy Darcy, Shiran Azoulay et Camille Nahum.

Essayons chacun de donner une réflexion intéressante sur cette série.

Pas de pourrissage de ce topic svp silent Wink

avis provenant en partie de Artelio
http://www.artelio.org/art.php3?id_article=694
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Le chat du Rabbin de Sfar
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le Chat du rabbin - Tome 1: La Bar-Mitsva [Sfar, Joann]
» Expo de superman au chat du Rabbin
» " Le chat du rabbin "
» La fille, le chat et l'oiseau...
» hymne du chat- foin

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Bouquinistes :: La Bande dessinée :: Les bandes dessinées-
Sauter vers: